LUTTE : Retour sur la mobilisation pour la réouverture de la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff !

En 2018, la ligne ferroviaire entre Morlaix et Roscoff (Finistère) a été fermée après un éboulement de terrain. Depuis c’est un véritable manque pour la population qui se retrouve isolée d’une offre de transport public pourtant essentielle.
Samedi 7 février 2026, à l’appel de la CGT Cheminots, près de 300 personnes ont donc bravé la pluie, en gare de Morlaix, pour échanger sur la nécessité de la réouverture de la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff.


« LA OU LE TRAIN PASSE, LA VIE REPREND ! »


Plusieurs heures de débats et de discussions ont donc eu lieu samedi dernier à Morlaix pour pousser à une réouverture de la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff. Environ 300 personnes étaient présentes selon la CGT Cheminots, parmi elles, des cheminots de Morlaix et Cornouaille, des représentants régionaux et nationaux de la CGT (Laurent Brun, Thierry Nier, Emmanuel Briand), le syndicat des dockers, des associations de défense (APMR) et d’usagers (Convergence Rail), des représentants politiques (PCF, Union Populaire, PS), des conseillers régionaux (Olivier Le Bras, Christian Guyonvarch) mais également beaucoup de citoyens venus apporter leurs soutien.


« Si les choses se sont dégradées, c’est normal, car depuis des années la SNCF n’entretenait plus cette ligne ce qui explique l’éboulement qui a eu lieu du côté de Sainte-Sève, quand il y a eu des grosses pluies en 2018. Cette ligne n’étant jamais été entretenue, il est normal qu’elle se soit dégradée au fur et à mesure. » – Jean-Pierre Florin, habitant de Roscoff


Preuve qu’il serait temps que les choses bougent ! Depuis huit ans maintenant, plus aucun train ne circule sur la voie entre Roscoff et Morlaix, et la végétation a pris ses aises sur l’ancienne voie de chemin de fer. Au grand dam de certains de ces habitants. 


POURQUOI IL Y’A DES FERMETURES DE LIGNES COMME ICI MALGRE LES BENEFICES ?


Pour les défenseurs de la ligne, c’est toujours l’incompréhension. La route a été refaite après l’éboulement de 2018 à Saint Sève mais pas les rails. Pourtant, pour l’association de défense de la liaison Roscoff – Saint-Pol-de-Léon – Morlaix, il est encore temps d’agir. « Ça n’est pas une nouvelle ligne qu’on va créer, la ligne est là, l’emprise est là« , insiste Frédéric Guyader, membre de l’association de défense de la ligne (AMPR), « tout peut être fait pour qu’elle soit remise en état. Il n’y a pas de travaux supplémentaires, donc ça peut être très bien rénové, comme dans beaucoup d’autres régions.« 

Pour Thierry Nier, Secrétaire Général de la CGT Cheminots et natif de Morlaix, le slogan d’après guerre de la SNCF n’a jamais été aussi vrai : « La ou le train passe, la vie reprend ; le rail arrive, nous travaillons. 80 ans plus tard, jamais le pays n’a eu autant besoin du train. L’ouverture à la concurrence coûte cher et supprime des emplois. Nous défendons une loi pluriannuelle d’investissement dans les structures ferroviaires, dont une partie pourrait être financée par une part de la taxe sur les produits pétroliers.« 

Concernant Laurent Brun, Trésorier national de la CGT, les choses sont claires : « Pourquoi d’un côté la SNCF enregistre des bénéfices, quand de l’autre, il y’a des fermeture de lignes, comme ici ? Il y’a une politique anti-ferroviaire, ou les modes de mobilité les moins polluants ne sont pas favorisés. l’aménagement du territoire doit être un projet collectif, il faut penser à la desserte des petites gares pour permettre une complémentarité train-car« .


80 MILLIONS, COÛT ESTIME POUR UNE REMISE SUR LES RAILS


Depuis 2019 le nombre de passagers qui fréquentent les TER en région Bretagne a augmenté de 60%souligne Christian Guyonvarc’h, conseiller régional Breiz a-gleiz. Donc quand l’offre de service public ferroviaire de proximité existe, le public est au rendez-vous, poursuit l’élu breton. Si cette ligne rouvre, elle sera fréquentée et utilisée, d’abord par la population locale, ce qui lui permettra de réduire son budget transport au quotidien, car le problème c’est que beaucoup de gens sont obligés de prendre la voiture pour se déplacer.« 

Pour la SNCF, c’est le coût de la réouverture de cette ligne, le frein principal. Les travaux pour rénover et remettre en état la ligne sont estimés à 80 millions d’euros.