Histoire


Fière d’une longue et grande histoire dans le territoire Breton, la CGT Cheminots Saint-Brieuc a vu le jour au début du siècle dernier. Si de 1920 à 1950, les militants sont peu nombreux en Bretagne, l’histoire du syndicalisme CGT a été tributaire des évolutions nationales de la Confédération. Notre syndicat a toujours joué un rôle non négligeable dans les conflits sociaux , son action est en partie l’un des facteurs de l’ancrage à gauche du département des Côtes d’Armor. 

1919-1920, Les cheminots briochins en lutte !

Avant 1914, les effectifs de la CGT étaient faibles dans les Côtes-du-Nord, limités à quelques villes comme Saint-Brieuc ou encore Dinan et Guingamp. En 1919-1920, les actions politiques et syndicales prennent un certain essor dans le département comme dans le reste du pays. Le syndicat des cheminots est déjà à l’avant garde des mouvements aux cotés de carriers et des tailleurs de pierre. 

Les cheminots se montrent les plus combatifs lors de la grande grève de mai 1920, dans notre département, le mouvement commence à la gare de Saint-Brieuc le 1er mai avant de gagner Dinan et Guingamp. Bien que le mouvement n’arrive pas à emmener l’ensemble des camarades, ce sont plus de 751 cheminots briochins qui débraillent du 3 au 11 mai 1920. L’échec du mouvement entraine une véritable répression et plusieurs cheminots de la Compagnie de l’Ouest sont révoqués lors de la vaste répression gouvernementale et patronale qui frappe 15 000 grévistes dans le pays. 

1930, des difficultés à la résistance !

Entre grande dépression et tentatives de mobilisations, La CGT rentre dans une période compliquée et cela touche également le syndicat CGT Cheminots de Saint-Brieuc. C’est après le vaste mouvement social de mai-juillet 1936 que la CGT va connaitre un essor fulgurant.

Le 31 août 1937, la loi instaurant la Société Nationale des Chemins de fer Français (SNCF) par nationalisation des compagnies existantes voit le jour. 

En 1938, une grève générale éclate le 30 novembre alors même que la guerre semble inéluctable et qu’Edouard Daladier, président du conseil veut remettre la « France au travail ». Dans les Côtes du Nord, la mobilisation n’est pas à la hauteur, c’est alors que « l’amertume » de l’échec de la grève pousse 300 cheminots à exclure à l’unanimité le secrétaire de la fédération et de l’UD. 

Le 7 mars 1942, Pierre Semard, ex-secrétaire général de la Fédération, emprisonné puis livré aux autorités allemandes, est fusillé à Évreux. Il sera considéré comme le symbole de la Résistance des cheminots à l’occupant. La grève insurrectionnelle du 10 août 1944 à l’appel de la direction clandestine de la fédération CGT est un acte majeur de la libération de Paris le 25 août.

De la libération au conflit historique de 1995 !

Août 1953 : grève unitaire dans le secteur public. Les cheminots défendent avec succès leur système de retraite notamment.
Au cours de son histoire, le régime spécial de retraites SNCF a subi de multiples tentatives de remises en cause (1934, 1953, 1970, 1995, 2007, 2010 et 2013), mais les cheminots ont su le préserver en s’appuyant notamment sur la spécificité des tâches ferroviaires et les contraintes de continuité du service public.

Mai-juin 1968 : participation des cheminots à la plus grande grève que l’histoire ait retenue. De multiples acquis sont obtenus.

1978 : le rapport Guillaumat, remettant en cause le service public est le support de plusieurs actions de protestation de la CGT, qui dans le même temps soutient le projet du TGV. L’unité syndicale se réalise sur la base d’un dossier commun sur les transports et s’illustre dans une « journée sans transport », le 7 mars 1979.

30 décembre 1982 : promulgation de la Loi d’Orientation des Transports Intérieurs (LOTI) : la SNCF devient un Établissement Public Industriel et Commercial (EPIC). La loi sur les comités d’entreprise s’applique à la SNCF et fera l’objet de longues négociations avant d’aboutir à leur définition et au transfert des activités sociales en 1986.

Décembre 1986 – janvier 1987 : grève des cheminots sur la grille des salaires, les retraites et les conditions de travail.

Novembre décembre 1995 : grève des services publics, en réaction contre le « plan Juppé ». Les cheminots, dont le système de retraite et le statut de l’entreprise, via le projet de contrat de plan, sont remis en cause, occupent une grande place dans le mouvement victorieux.

Nouveau siècle pour de nouveaux combats !

En juin 2014, la grève pour la « Voix du service public SNCF » contre la réforme du ferroviaire du gouvernement puis en juin 2016, grève sur la future convention collective du ferroviaire et les accords d’entreprises ferroviaires qui abouti à préserver globalement la réglementation du travail existante à la SNCF.

Entre décembre 2019 et février 2020 , la France connaît un mouvement social contre le projet de réforme des retraites du gouvernement Édouard Philippe, sous la première présidence d’Emmanuel Macron. Les cheminots de la CGT Saint-Brieuc ne lâchent rien allant jusqu’à cumuler plus de 3 mois sans salaires.